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Famille Quaresme > Auguste Quaresme raconte
Comment j'ai rencontré ma femme
Quand je fus désigné à Gilly en janvier 1928, je pris pension au cercle catholique tenu par Mr et Mme Georges Lenoble. La présence dans un cercle me permit de faire des connaissances et de m’emballer pour le billard.Il n’existait pas encore, en ce temps-là, de fancy-Fair mais des cabarets artistiques avec chants, musique, magie ou pièces de théâtre. Pour préparer la salle, des demoiselles dévouées venaient dresser et garnir les tables, ranger les chaises. Curieux, je passais mon nez dans la salle. Les bénévoles qui oeuvraient là avaient bien des arrivées d’eau pour se laver les mains, mais aucune n’avait pensé aux essuies. Les voyant embarrassées, j’allai dans ma chambre quérir un essuie-main. Ce fut mon premier contact avec Lucienne (18 ans).
Apprenant qu’elle terminait sa 3ème moyenne aux Sœurs de Notre-Dame à Charleroi, je montais parfois à l’arrêt du tram aux Quatre-Bras, histoire de suivre de loin Lucienne pour voir où elle habitait. C’était chez un marchand de légumes de la chaussée de Fleurus où je l’apercevais parfois servant des clients. Elle avait un frère Léonce qui terminait son service militaire au 2ème Chasseurs à Charleroi.Je le retrouvais ainsi dans la bande des organisateurs de théâtre.Mme Lenoble, à qui j’avais fait des confidences, me chargeait d’aller au magasin et de voir la fille à l’œuvre. Un jour, on m’embaucha comme acteur secondaire dans une des pièces. J’étais très fier d’attirer l’attention des jeunes filles.A la rentrée de septembre 1928, je pris fonction à Gosselies et l’allai prendre pension chez Mme Parisis. J’appris qu’Emile Bossuroy de Grand-Leez enseignait chez les Frères à Montignies-sur-Sambre et rentrait chaque jour chez sa sœur Louise mariée à Arthur Villeret, facteur à Gosselies. Nous sortions ensemble le soir.
Lorsqu’Emile fut nommé à Grand-Leez, je me retrouvais seul. Heureusement, les Lenoble qui avaient quitté le Cercle de Gilly, étaient venus reprendre un magasin d’habillement à Jumet Gohissart. Ils m’accueillaient toujours à cœur ouvert. Marie-Rose, Georgine et Richard me confiaient leurs ennuis scolaires. Après le souper, je me rendais à pied chez eux, en passant par Notre Dame des Sept Douleurs, puis gagnait Gohissart.Mme Lenoble qui m’aimait comme un petit frère, me conseilla de retourner aux activités festives à Gilly. Je revis Lucienne. J’eus accès à la maison, grâce à Léonce pour être enfin admis à courtiser. Maman, désirant faire la connaissance de l’élue de mon cœur, l’invita à venir dîner à Meux. Papa d’abord, Maman ensuite vinrent dire bonjour à mes futurs beaux-parents. On parla de mariage et, le 08/08/1932, la cérémonie eut lieu à Gilly Village.
Qui dit mariage, dit voyage de noces. Après quatre jours à Bruxelles, nous partîmes en car touristique vers Lourdes (Vimy, les tranchées canadiennes, Paris, Nevers, …, Lourdes). Dans la cité mariale, nous fîmes nos dévotions aux offices dirigés. Ensuite, profitant du reste du voyage, nous allâmes au cirque de Gavarnie, Luz, Cauterets. Après ce tour réussi, nous vînmes raconter nos émerveillements aux parents. C’est alors que Maman céda sa chambre du bas pour loger les jeunes époux et monta au grenier dans une des chambres mansardées.Une fois mariés, nous décidâmes de rester avec les parents à Gilly. J’achetai un vélo et, par Ransart, j’allais enseigner à Gosselies. Et le train-train habituel repris jusqu’à la naissance de Jean-Marie, le 26 mai 1933.