Généalogie


Aller au contenu

Menu principal:


La famille Destrée

Famille Quaresme > Auguste Quaresme raconte

Famille Quaresme-Destrée


A Namur, à la Paroisse Saint-Gilles, existait un tour (tourniquet) où l'on déposait l'enfant dont les parents ou la fille-mère voulaient se débarrasser. On y accueillait aussi l'enfant que l'on désirait adopter. Je songe ici aux accouchées qui avaient perdu leur bébé à la naissance et qui, craignant la fièvre qui les guettait lors de la montée du lait, trouvaient ainsi un dérivatif salutaire pour leur santé,
(cfr Vie de Bernadette envoyée à Bartrès chez Mme Laguès)
Pour encourager l'adoption, la ville allouait une prime. C'est ainsi que les familles pauvres profitaient de cette largesse pour emporter un enfant inconnu mais rebaptisé d'un nouvel état civil établi par un secrétaire.
Cette forme d'adoption, louable en elle-même, prêtait parfois à un tour de passe-passe : on déposait l'enfant d'un côté et on récupérait de l'autre le même enfant avec la prime ! Ce fut le cas pour Parrain Ferdinand.
Dans une famille Radelet de Meux, la maman mit au monde deux garçons le 30 mai 1849. Quel bonheur, mais quelle charge pour cette famille pauvre! Les parents, connaissant le "tourniquet", allèrent donc y déposer un de leurs bébés muni d'une remarque. C'est ainsi que Parrain s'appela Ferdinand Quaresme, nom bizarre, il est vrai, mais bien connu au Portugal où vécut un Monseigneur Quaresmas.
(NDLR: les documents de l'Etat-Civil infirment cette tradition familiale car Marie-Joseph Simon ne s'est mariée qu'en 1853 et il n'y a pas de traces d'un Alexandre Radelet né en 1849. De plus, le tour a été fermé et muré en 1823)
Mais revenons à Parrain qui garda toujours une pique contre sa maman qui l'avait ainsi traité et peut-être déshérité. Il me l'avouait dans ses vieux jours.Le père Radelet était maréchal-ferrant et il apprit le métier à Parrain et à Alexandre, le jumeau. Parrain, âgé de 29 ans, épousa, le 25 avril 1879, Sidonie Destrée, une fille du sinci de Liscaille âgée de 27 ans. {Jean-Baptiste Destrée (1804-1861) possédait les maisons et les terrains compris entre chez Clément Dupont et Detiège (actuellement Couvent Alphonse). Lors de son premier mariage, il épousa Marie-Anne Radelet dont il eut trois enfants : Jean-Joseph (1829), Pierre-Joseph (1832) et Marie-Thérèse (1838). Il se remaria vers 1840 avec Marie-Josèphe Deterville de Walhain. Ils eurent 10 enfants. De leur union, naquirent Papa Jules Quaresme le 22 mai 1880 et Tante Marie le 01 mars 1890. Cette dernière devait décéder le 12 août 1907. (stèle au cimetière de Meux en face du caveau de la famille Quaresme).
Le travail de maréchal-ferrant était pénible : pas de fers types, chaque patte du cheval de trait, du bidet, du bœuf, de la vache était différente ce qui imposait la fabrication "personnelle" de chaque fer.
Comme le ferrage durait, les propriétaires se réunissaient à la cuisine de la maison, jouaient aux cartes, buvaient la "petite goutte" que Marraine leur servait généreusement mais, en ménagère avisée, elle mettait précieusement l'argent de côté.Mais j'oublie la maison! Il faut croire que Parrain et Marraine avaient hérité ou économisé car ce sont eux qui ont fait bâtir le corps de logis, la forge, l'étable (garage actuel) et la grange soit 28 m de façade. Dans la forge, avec René, nous prenions plaisir à tirer la poignée de la chaîne qui activait le soufflet et à esquiver les étincelles qui "spitaient" quand on martelait le fer sur la grosse enclume. Durant la guerre 14-18, du fait que Parrain possédait des terres labourables et du fait que Marraine avait des vaches et engraissait des cochons, on ne manqua de rien. Fit-on du marché noir ? Peut-être pour se procurer des choses nécessaires à l'alimentation ou à la forge. Les arbres du pré rapportaient cerises, prunes, pommes et poires. En 1919, Parrain acheta un bidet russe de récupération. Il était doté d'une longue queue : Le Pich. CommeVictor Thibaut - où Papa et Maman avaient habité - possédait une ardente pouliche noire, on formait un attelage valable pour charruer au simple brabant d'abord, puis au double-brabant ensuite, herser, biner, semer, ramener le foin. Qu'il faisait chaud sous l'anbaut pour piétiner le foin !

D’après Art et Histoire, Culture et Loisirs de Meux, c’est Ferdinand Quaresme qui plaça la toiture de la chapelle Notre-Dame du Perpétuel Secours près de chez Herson et qui fut démolie le 31/10/1969

Durant la guerre 14-18, Soeur Madeleine, soeur de Marraine, était Supérieure à l'Hospice Saint-Joseph à Grand-Leez. Elle logeait parfois à Meux pour se ravitailler sans doute. J'ai gardé le souvenir d'être allé plusieurs fois à vélo avec Papa lui porter ce qu'elle souhaitait. Après la guerre, l'âge avançant, Soeur Madeleine retourna à la maison-mère "Les Soeurs Noires de Mons" où elle décéda. Nous profitions de l'aubaine pour aller avec Papa lui dire bonjour, excursionner dans la ville et voir le Car d'Or, le Doudou, le Ropieu. Soeur Marguerite-Marie, soeur cadette du Frère Modestin-Joseph qui jouera un rôle important dans ma carrière enseignante chez les Frères de Gosselies et nièce de Soeur Madeleine lui succéda à Grand-Leez. Marraine étant morte le 24 août 1919, nous quittâmes le 44 de la rue du Village pour revenir vivre avec Parrain au numéro 36 jusqu'à sa mort en 1931. Des efforts et des sueurs de son métier, Parrain gardait une solide bronchite. Chaque matin en se levant, il devait expectorer un bon bout de temps dans le bac à moirtier (mélange d'argile et de menu charbon que l'on versait sur le feu pour alimenter le poêle). C'était encore Parrain qui, après la mort de Marraine, avait fait ériger le caveau de la famille Quaresme au cimetière de Meux. Parrain qui fut très dur avec Maman lui demanda pardon avant de mourir. Je garde de lui un indicible et ineffaçable souvenir.

Une question à propos de Liscaille : pourquoi le bloc fut-il amputé du terrain du "Coco"? Deux frères de Marraine,Jean-Baptiste et Florent, décidèrent de s'embarquer pour les Amériques (Wisconsin). La vente de la parcelle fut-elle nécessaire pour leur procurer une part d'héritage? Un certain Hachez, commerçant à Saint-Denis, acquit ce morceau pour y bâtir un magasin: "Au Réel Bon Marché".

Page d'accueil | Enfants trouvés | Famille Quaresme | Famille Vandermeir | Contacts | Plan du site


Dernière mise à jour : 07 mai 2012 | jm.quaresme@skynet.be

Retourner au contenu | Retourner au menu