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Enfants trouvés
Les hospices civils et les enfants trouvés
En parcourant les archives, j'ai été ébahi par l'organisation et les services rendus par la Commission des hospices civils. C'était un service social poussé au maximum tant en faveur des enfants que des familles nourricières.
A. Pour les enfants
Attribution de layette ou de trousseau suivant l'âge
de l'enfant
Les layettes ou les trousseaux étaient remis à la réception de l'enfant et même livrés sur place par le fabricant
Layette pour nouveau-né |
Trousseau 1er âge |
Trousseau 2e âge |
3e âge (garçons) |
3e âge (filles) |
| (de 0 à 6 mois) | (de 6 à 12 mois) |
(de un à sept ans) |
(de huit à 12 ans) | |
| 2 langes d'étoffe | 1 camisole de laine |
1 camisoles de laine |
1 habit dit tonneau |
1 juppe |
| 3 draps de lin | 2 chemises | 4 chemises | 1 gilet | 1 corset |
| 3 chemises | 1 mouchoir | 2 mouchoirs | 1 pantalon | 3 chemises |
| 3 béguins | 1 paire de bas | 2 paires de bas | 1 sarreau de toile bleue |
1 paires de souliers |
| 2 bonnets | 1 paire de souliers |
1 paire de souliers |
2 chemises | 2 paires de bas |
| 2 petites camisoles de coton |
2 bonnets | 1 paire de sabots | 1 paire de souliers |
2 paires de sabots |
| 2 bonnets | 2 paires de bas | 2 bonnets | ||
| 2 paires de sabots |
2 mouchoirs | |||
| 1 casquette de peau |
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Extrait reconstitué du cahier des charges
pour l'adjudication de layettes et de vêtements
(20 octobre 1824)
Transport des enfants par messagère
Des messagères parcouraient tous les jours des itinéraires précis (Namur-Dinant, Namur-Marche, Namur-Huy, ...) pour livrer des lettres ou des colis. Les hospices civils les utilisaient aussi pour accompagner les enfants.
Voir l'acte 2 pour le transport de Jérôme Combéfis à la commune de Baillemont. Il reviendra par la suite chez Nicolas Lepage à Meux.
Intervention pour l'instruction des enfants
Les hospices civils payaient les communes pour l'instruction des enfants abandonnés : en 1854, les communes de Daussoulx, Boneffe, Saint Marc, Liernu, Flawinne, Leuze, Vezin, Dhuy, Saint Germain, Saint Servais, Suarlée, Longchamps, Cortil-Wodon et Eghezée ont reçu une somme annuelle de cinq francs par enfant.
Un grand souci de la part du Ministère de la justice et du Gouverneur de la Province
Demande annuelle d'un rapport de la part du Ministre de la Justice
Namur, le 11 juillet 1842
Messieurs,
Monsieur le Ministre de la Justice à qui la Députation à transmis une copie du rapport du 10 juin dernier, vient d'écrire à votre collègue qu'il ne perdra pas de vue les renseignements contenus dans cette pièce, relativement aux mesures à prendre pour encourager d'une manière efficace les nourriciers à bien s'acquitter de leurs obligations envers les enfants qui leur sont confiés, mais qu'avant de prendre une détermination à cet égard, il désire connaître l'opinion des administrations des hospices des autres provinces.
Mr le Ministre demande ensuite 1° un copie des rapports de l'inspecteur des enfants trouvés et abandonnés dans cette province, sur les résultats des tournées qu'il a faites pendant l'année 1841 2° un rapport général sur l'organisation et la marche du services des enfants pendant la même année et 3° un exemplaire de chacun des règlements existants qui les concernent
A la Commission administrative
Des hospices
De Namur
Veuillez, Messieurs, mettre le plus tôt possible ce collègue à même de satisfaire au désir de Mr le Ministre.
Le Gouverneur de la Province
Réponse de Monsieur Beckers, membre de la Commission administrative des hospices civils
Ce document est un brouillon de lettre. Il a donc été retranscrit intégralement.
Il montre le souci d'éducation, de bienveillance et d'humanité des hospices civils de la Ville de Namur. Pour eux, les enfants trouvés étaient importants.
Ci de du 22 Juillet 1812
Rapport de Mr Beckers, membre de la commission des hospices, spécialement chargé de la tutelle et de la surveillance des enfants trouvés.
A la commission des hospices à Namur,
Messieurs,
Par votre résolution du 15 juillet 1848, vous me demandez un rapport général sur l'organisation et la marche du service des enfants trouvés, ce rapport vous étant demandé par la députation provinciale et par monsieur le ministre.
Je me hâte, messieurs, de satisfaire à votre désir, autant que me le permet le peu de temps que j'ai l'honneur de faire partie de votre commission.
§ 1er
l'organisation du service des enfants trouvés doit son origine aux lois et arrêtés, et aux règlements suivants :
loi du 27 frimaire an V
arrêté du 30 ventôse an V
décision ministérielle du trois pluviôse an IX
décret impérial du 19 janvier 1811
règlement du 7 Xbre 1811
instruction ministérielle du 30 juin 1812
arrêté Royal du 6 9bre 1822
loi du 30 juillet 1834
ordonnance de la députation du 12 8bre 1819 et 26 février 1820
je ne puis que renvoyer à ces divers Dispositions qui forment à peu près toute la matière dont il s'agit.
§ 2
la marche du service n'est pas très compliquée
le secrétaire de l'hospice, et l'inspecteur qui place et surveille les enfants, voila tout le personnel qui fait marcher cette branche de l'administration, ajoutez y, si vous voulez, le membre de la commission chargé de la haute surveillance et le caissier qui paie.
L'inspecteur, Mr Léonard Cossoux, reçoit les offres les offres de service des personnes qui désirent prendre des enfants trouvés en pension ces personnes lui confient leurs certificats de moralité. L'inspecteur se transporte alors chez quelques unes ce ces personnes pour voir par lui-même l'état de propreté de leur ménage et il s'entoure de tous les renseignements les plus minutieux sur leur moralité. S'il est satisfait, il leur délivre, à cinq ou six à la fois seulement, un billet de recommandation pour le secrétaire. Avec ce billet, les porteurs se présentent presque journellement à l'hospice pour y prendre un enfant à mesure qu'ils y arrivent. Quand ils en sont munis, l'inspecteur délivre six autres billets à d'autres personnes qui attendent également leur tour et ainsi de suite.
Il y a à l'hospice deux nourrices sédentaires pour avoir soin des enfants jusqu'au moment où on vient les prendre.
L'inspecteur fait des tournées et va visiter, sans qu'on s'y attende, les personnes auxquelles des enfants ont été confiés. Jusqu'à présent, il n'avait communiqué que verbalement avec l'administration chargée de la tutelle des enfants mais, depuis mon entrée en fonction, en novembre 1841, l'inspecteur m'adresse des rapports écrits qui, loin de lui paraître pénibles, l'encouragent car il voit que ses peines sont appréciées, les rapports et les réponses qui y ont été faites seront copiés ci après, on pourra juger de leur importance, en considérant que l'administration peut voir comment sont traités, ce qu'ils deviennent ; et le gouvernement lui-même par leur inspection, si les mêmes rapports avaient été bien parlant, pour apprécier les difficultés qui se présentent et donner des instructions générales pour les cas graves.
On verra de ces rapports qu'un nommé Damien Pierre, sourd muet, a été, par la bienveillante intervention de Mr le gouverneur, placé à l'établissement des sourds et muets à Namur.
Cet enfant a été atteint de cette infirmité à la suite de la grippe, il y a trois ou quatre ans. J'ai été le visiter au commencement de ce mois et j'ai vu avec un véritable sentiment de plaisir les progrès qu'il a fait dans le court espace de quatre mois, il avait déjà lisiblement les principaux mots qui ont rapport à notre corps ; il commence à s'expliquer avec son précepteur et récite, par signes le pater noster et l'ave maria. Je me tiendrai au courant de son avancement.
Si nous rencontrons toujours de la bienveillance et de la protection chez les fonctionnaires, nous y rencontrons parfois des entraves et du découragement.
Les bourgmestres des communes rurales ne sont pas toujours animés de cette philanthropie qui honore l'homme. Nous en avons trouvé qui ne voulant pas avoir d'enfants trouvés dans les communes, refusaient aux nourrices les certificats qu'on exigeait d'elles, d'autres on été jusqu'à exclure nos malheureux enfants des écoles communales, heureusement que la députation a su faire justice de ces abus qui ne se reproduisent plus.
Vous verrez, messieurs, par les lettres que j'ai adressé à l'inspecteur, combien je tiens à connaître si les enfants fréquentent les écoles et les instructions religieuses. Jusqu'à présent je n'ai pu avoir le tableau de ceux qui remplissent ces impérieux devoirs lesquels paraissent avoir été négligés puisque l'inspecteur n'a aucune donnée à cet égard et qu'il lui faut encore un peu de temps pour être à même de me donner les renseignements que je lui demande.
Le lieu où on place les enfants n'est pas sans importance et je rends hommage à la loi du 30 ventôse an V et au décret imp. du 19 janvier 1811 qui veuillent que les enfants soient placés à la campagne chez des cultivateurs ou des artisans. Des faits étaient venus m'apprendre en ma qualité de juge de paix et avant même que je ne fisse partie de la commission des hospices, combien sont grands les liens d'attachement qui s'établissent entre les enfants et les nourriciers. D'un autre côté, l'origine des enfants se perd au village et ils s'y marient en grand nombre. A ce mode de placement légal, l'inspecteur, dans son rapport en date du 10 mai 1842 atteste qu'il a pris l'initiative pour faire des démarches tendantes à faire entrer de ces enfants à l'établissement du bon pasteur assurément très renommé par les services qu'il rend à Paris aux personnes qui forment le projet de renoncer au vice, mais qui, suivant moi, ne peut pas être aussi utile aux enfants trouvés de la manière du moins qu'en espérait l'inspecteur . Celui-ci retirait les enfants les moins bien placés, à l'âge de sept ans, des mains de leurs nourriciers pour les placer au bon pasteur jusqu'après leur première communion. Alors, ils les replaçaient à la campagne et leur substituait d'autres enfants. Un fait particulier m'a fait réfléchir à ce mode de placement et m'a porté à modifier le système de l'inspecteur. En effet, il jaillit, de ce mode de placement, plusieurs inconvénients graves. Le premier, c'est de frustrer les nourriciers de l'espoir qu'ils avaient de retirer quelque profit de ces enfants, à l'âge où ils deviennent à même de rendre quelques services . Vous savez, messieurs, que sous l'administration de monsieur le gouverneur Domaline, les enfants étaient aussi retirés et envoyés dans les Ardennes, mais bientôt personne ne voulait plus se charger des enfants en bas âge, et après révocation de cette malencontreuse mesure, il fallut encore longtemps pour rétablir la confiance. Aussi l'article 14 de la loi du 30 ventôse an V est il formellement opposé à ce système en donnant à ceux qui ont élevé les enfants, le droit incontestable de les conserver.
Le second inconvénient est de rompre ces liens d'attachement que j'ai déjà signalé, et qui donnent à ces enfants des parents adoptifs. Quand ils entrent à l'âge de douze ans dans la classe laborieuse, il ne s'établit plus d'autres liens que ceux de la domesticité, et les enfants, abandonnés à eux-mêmes au moment où les passions commencent à se développer, ne retrouvent plus les conseils d'une nourrice qui leur a servi de mère et ils sont par la même plus exposés que si on ne les avait pas déplacés.
Le troisième abus résulte d'une perturbation grave dans les habitudes des enfants, élevés d'abord à la campagne, d'une façon à peu près brutale et libre, ils arrivent à un établissement où tout est sévère et dont ils ne sortent jamais. Au lieu de parents adoptifs qu'ils doivent oublier, ils trouvent des institutrices dont les formes douces et régulières contrastent avec l'éducation des villageois. Au lieu de fortifier petit à petit leur corps par des travaux domestiques, ils vont rester cinq à six ans dans le repos corporel et prendre des habitudes qui sont à une distance infinie du genre de vie qu'ils doivent suivre plus tard. A douze ans, on les relance dans une nouvelle sphère. Au repos succède le travail corporel ; les formes douces et honnêtes sont remplacées par les sarcasmes et aussi le langage grossier. Je crois inutile, messieurs, de vous rappeler les contrastes de ces diverses existences. Quant à moi, je suis persuadé qu'il convient d'élever les jeunes gens suivant ce genre de vie qu'ils sont destinés à suivre et que toute déviation de cette règle ne peut présenter de bons fruits.
Ces considérations m'ont déterminé, après vous avoir consulté, à tempérer ce genre de déplacement et à le réserver pour des enfants vicieux ou délicats, auxquels les travaux à la campagne seraient impossibles et nous nous sommes réservé d'apprécier, nous-mêmes, les circonstances.
Mais ici se présente un nouvel obstacle. Les enfants de cette catégorie, devraient recevoir jusqu'à l'âge de 18 ans, une éducation suivie et complète suivant leurs goûts particuliers, les uns pour les ouvrages de mains, les autres pour le commerce, etc...
Mais après l'âge de douze ans, il n'y a plus pour eux de subsides mais l'établissement du bon pasteur n'a point de ressources a lui, il se contente de la modique somme de 130 frs par an y compris les vêtements. C'est à ce prix que j'y ai vu deux enfants placés par le dépôt de mendicité de mons. Je fais donc la proposition de demander à monsieur le ministre une allocation de mille à 1200 fr par an, au moyen de laquelle somme, nous pourrions nous pourrions pourvoir à l'éducation complette de huit à 9 jeunes filles plus malheureuses que les autres pour leurs infirmités physiques.
Nous n'avons pas à présent, les mêmes ressources pour les garçons, et d'ailleurs, il conviendrait avant de s'élancer plus loin dans cette voie, d'attendre les résultats que nous obtiendrions pour les jeunes filles.
Je ne terminerai pas sans signaler un inconvénient qui se présente partout. Nous avons vu qu'à Paris, l'administration, par un acte de philanthropie, avait ordonné de remettre de préférence les enfants à leurs mères supposées, mais on remarqua bientôt que celles qui avaient toutes les ressources pour entretenir et élever leur enfants, les faisaient néanmoins remettre à l'hospice et les reprenaient ensuite avec la rétribution ordinaire.
Un acte de bienfaisance devint ainsi un objet de spéculation et l'abus força l'administration non seulement la mesure d'humanité qu'elle avait précédemment prise mais encore d'ordonner l'éloignement des enfants de leurs mères supposées. La même fraude tente constamment de s'introduire chez nous. Les mères ont mille détours pour parvenir à recouvrer leur enfant, en traitant avec ceux qui en sont possesseurs mais aussitôt qu'on s'en aperçoit on les reprend et on les éloigne. L'intérêt du trésor exige qu'on en agisse ainsi.
Le nombre des enfants aujourd'hui sous notre surveillance est savoir :
Ceux de moins de douze ans 595
Ceux de 12 à 21 ans 494
Tels sont, messieurs, les renseignements que le peu de temps que ces enfants sont sous ma surveillance m'a permis de recueillir. Soyez persuadés du reste que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour rendre leur position la moins malheureuse que possible. C'est pénétré de ces sentiments que je vous prie d'agréer l'assurance de mon dévouement.
L'administrateur des hospices
Chargé de la tutelle des orphelins
Namur le 22 juillet 1842
(s) J. Beckers
Suivent les rapports de l'inspecteur et les avis de l'administration
A Monsieur Cossoux à Namur,
Namur, le 1 Xbre 1841
Monsieur,
La commission des hospices m'ayant chargé de la surveillance spéciale des orphelins en remplacement de monsieur de Laberville démissionnaire, je viens vous prier de m'informer à quelle époque vous avez fait votre dernière tournée d'inspection et de me délivrer un duplicata du rapport que vous avez probablement fait à mon prédécesseur. J'ai l'honneur …
(s) J. Beckers
Des inspections régulières
Une fois par an, un inspecteur passait dans les villages, prenait contact avec le bourgmestre et le curé pour ensuite visiter chaque famille. Un rapport était établi qui portait sur la santé, les vêtements, l'instruction et l'éventualité d'une communion solennelle.
A la fin de l'année, l'inspecteur établissait un tableau statistique qui reprenait l'ensemble de ses visites et dans lequel il détaillait le nombre de garçons et filles, leur participation à l'instruction et leur état de santé. Ce rapport était transmis à la Commission des Hospices civils et au Ministre de la Justice
Voir le rapport général et voir détail ci-dessous
Rapport statistique pour l'année 1856
En plus des 593 enfants visités, l'Inspecteur remarque "qu'il est impossible d'opérer une surveillance active sur les enfants au delà de l'âge de 12 ans. Ces enfants changent assez souvent de résidence. Il y a 378 enfants de 12 à 21 ans, savoir 178 garçons et 200 filles"
Il signale également que 21 enfants confiés aux nourriciers n'ont pas été trouvés (Voir ci-dessous)
Voir ces tableaux mis en forme
Des rapports plus spécifiques
Rapport négatif
Monsieur Belias, Administrateur,
J'ai l'honneur de vous adresser ci dessus mon rapport du 4ème trimestre 1841 ayant dû un jour attendre plus d'une heure après la nourrice Epouse Jh Bapte Famée de Bouges qui tient en pension la nommée Victorine Montfort, enfant trouvé présumé être né le 15 juin 1841 et qui avait confinné le dit enfant dans sa maison. Je m'y rendis de nouveau tentant m'assurer si cela lui arrivait souvent et trouvant encore l'enfant dans le même état que la fois précédente, je lui ordonnai de la remettre à l'hospice. Elle se soumit à mon ordre, mais ayant promis à Monsieur le secrétaire des hospices et à moi que cela ne lui arriverait plus, nous lui avons laissé encore le dit enfant l'informant que si je la prenais une 3ème fois dans le même cas, qu'alors il lui serait repris decidément.
Rapport positif
François Charlier de harquet, commune de Namur, tient en pension la nommée Florence Marion, enfant trouvée présumée être née le 20 août 1839. une femme étant venue se plaindre de la mauvaise manière dont était tenue cette enfant, quoique dans mes visites Je n'avais jamais reconnu la vérité de ce qu'elle me disait. Je m'y rendis de nouveau et je vis l'enfant tel que je l'avais toujours vu, après m'être informé J'appris que cette femme était la mère du dit enfant et qu'elle eut désirée qu'on le reprit pour le placer chez un de ses parents. Je ne donnai pas suite à ses rapports.
Les "enfants disparus"
Où sont passés les 21 enfants disparus ?
Une explication possible
Délibération du 06 juin 1856 de la Commission des Hospices civils
"Les sieurs Maximilien Laduron er Jean-Baptiste Loisse de Meux sont partis pour l'amérique avec les nommés Boniface Pithou trouvé à Namur le 05 janvier 1840 et Lambert Ponet trouvé aussi à Namur le 01 juillet 1848 sans autorisation de la commission"
B. Pour les nourriciers
Le payement de pensions
Les pensions représentaient le poste budgétaire le plus important pour la Commission des hospices civils. De 1820 à 1830, elle allouait entre 7000 et 14000 florins par an alors que les frais de personnel s'élevaient à 800 florins. Les indemnités pour la pension des enfants variaient en fonction de l'âge.
La loi du trente juillet 1834 précise que : " Les frais d'entretien des enfants trouvés sont à la charge des provinces et des communes où l'exposition a eu lieu ". Dans les comptes des hospices civils, on retrouve les sommes payées pour la pension des enfants : 7174 florins pour le troisième trimestre en 1825, 6821 florins pour le premier trimestre en 1826, 6545 florins pour le deuxième trimestre 1826, ... Malheureusement, à cette date, il n'y a pas de répartition par famille. On retrouve cependant un poste régulier de 30 florins alloué pour un enfant placé à Purnode.
Un document plus intéressant date de février 1855.
Il précise les indemnités accordées aux nourriciers des enfants trouvés pour l'année 1854 :
Pour les enfants nés de 1843 à 1848 : 25 frs
Pour les enfants nés de 1849 à 1851 : 20 frs
Pour les enfants nés de 1852 à 1854 : 15 frs
soit un total de 13 210 frs pour 608 enfants.
Les mandats étaient remis aux bourgmestres des communes qui étaient chargés de les distribuer aux bénéficiaires.
Pour avoir accès aux quatorze pages du registre et découvrir le nom de ces 601 enfants, les familles nourricières et la localité, cliquez sur les liens qui suivent :
Page 1 : de Nial Agathe à Oddi Monique
Page 2 : Page manquante
Page 3 : Page manquante
Page 4 : de Pannini Vincent à Pereter Marcel
Page 5 : de Pereda Camille à Pharis Sophie
Page 6 : de Phidias Etienne à Polemon Cécile
Page 7 : de Poleni Barbe à Primase Alexis
Page 8 : de Priale Eulalie à Regulus Isabelle
Page 9 : de Sibérius Victorine à Rossa Rosalie
Page 10 : de Rotron Fabien à Sentin Ferdinande
Page 11 : de Santoul Pétronille à Soissons Constance
Page 12 : de Louis Solari à Thibaut Joseph
Page 13 : de Willan Pauline à Gérard Maximilien
Page 14 : de Vinckert Louis à Ferba Lambert
Des primes à certaines échéances
Primes à l'issue de neuf mois
Primes à l'issue de 12 ans
Des interventions sociales de tous genres
16/02/1844
Indemnités de 100 francs pour maladie vénérienne contractée en donnant des soins à un enfant trouvé
10/04/1844
50 francs pour indemniser le sieur Dauvin, cultivateur à Patignie, des soins qu'il donne à un enfant trouvé confié en 1826 et qui, par suite de la rupture de sa jambe gauche, se trouve hors d'état de se mouvoir sans béquilles et partant de rendre le moindre service à son nourricier
19/08/1849
Augmentation de la pension annuelle d'un enfant trouvé estropié à 76 fr 20
27/03/1829
14 francs à une nourrice pour frais de médecin
Et en prime, un texte délicieux reçu par la Commission des hospices civils
Voir ci-dessous
Anne joseph Delahaut veuve de Jacques Thiry
domiciliées à Bauffe commune de Malonne
Aux
Nobles et très honorables Seigneurs Les Députés
des Etats De la province de Namur
Nobles et très honorables Seigneurs !
J'ai l''honneur de vous exposer que Messieurs les administrateurs de l'hospice Saint Gilles placèrent chez moi le premier avril 1823 en pension un enfant nommé antoine couta, que j'eus pour lui tous les soins qu'une mère aurait pu rendre à son propre Enfant aussi avais je la satisfaction que son état sanitaire répondait à mes désirs et attestait à l'employé des hospices chargé de la visite de ces enfants mes Bons traitemens et les alimens sains que je lui donnais, mais hélas un événement aussi funeste qu'imprévu vint le 25 septembre dernier déchirer mon coeur maternel; au moment où cet enfant jouait comme de coutume, près de ma maison, tandis qu'une de mes filles était restée dans l'intérieur et que j'étais occupée à quelque travail dans mon bien, l'enfant allèché par une noix restée de la dépouille de l'arbre s'élance plane et vient à bas; les cris du petit malheureux dont la chute avait fracturé une cuisse appellent ma fille qui se précipite vers lui le relève le transporte dans la maison et s'empresse à venir m'en faire le douloureux tableau, j'abandonne tout j'accours la ville demander au secrétariat des hospices le secours du chirurgien chargé de traiter les enfants trouvés et abandonnés qui pouvaient en avoir besoin, mais on me répond qu'il n'en existe pas ! voulant cependant pourvoir aux besoins si pressants du petit infortuné confié à ma sollicitude je cherche un homme de l'art je m'adresse à Monsieur le Docteur Evrard il se rend chez moi réduit la fracture continue les pansemens de la partie souffrante et rétablit mon nourisson par suite, cet homme, dont je ne puis que louer le zèle et la vigilance, réclame un juste salaire de ses services et m'a adressé l'état attesté ci-joint me connaissant pour en demander le payement : mais Nobles et très honorables Seigneurs, permettrez vous que les suites d'in Evénement déja trop déchirant pour une mère nourricière, dont la pension est modique / six florins par trimestre / dans un temps où les céréales sont d'un prix excessif, viennent ajouter à l'Etat de détresse où je me trouve en me forçant à recourir à un emprunt, pour acquitter une dette que je n'ai contractée que dans l'intérêt d'un enfant qui m'est étranger ? J'attends au contraire avec confiance de la sagesse de votre administration, Nobles et très honorables Seigneurs, que vous daignerez aviser aux moyens de m'en décharger En satisfaisant la personne qui la Réclame à juste titre
C'est la grâce
que je demande
avec profond respect
H Thiry pour ma mère qui ne
sait écrire
NDLR : Les frais ont été totalement remboursés. Comme quoi une belle lettre ...